Radio ancienne : trucs & astuces


Que faut-il collectionner ?
La radio est un domaine très vaste et la collection de vieux postes peut devenir envahissante. Les collectionneurs débutants ont tendance ramasser tout ce qu'ils trouvent. Si vous ne possédez pas un château avec des salles immenses, et si vous n'avez pas l'ambition de créer un musée, limitez vous à un domaine précis qui vous intéresse particulièrement. Faites une collection de postes à galène, de postes Philips antérieurs à 1935, de postes portables à lampes, de transistors miniatures verticaux en plastique bleu! Ou alors collectionnez les composants anciens, les lampes bien sûr, mais pourquoi pas les condensateurs, les résistances. Une petite collection bien ciblée est à mes yeux beaucoup plus intéressante qu'un amoncellement de matériels hétéroclites.

Peut-on faire re-fonctionner un poste à galène ?
Les postes à galène anciens ne posent en général pas de gros problèmes de dépannage, vu le petit nombre de composants et la simplicité des montages. En général, il suffit d'éliminer toute trace d'oxydation qui est la cause de mauvais contacts. Le "chercheur" doit appuyer légèrement sur la galène et son extrémité doit être très pointue. Il est facile d'en faire un avec du fil de cuivre d'environ 5/10 èmes qu'on enroule en spirale sur un foret de diamètre 8. On aplatit l'extrémité du fil avec un marteau et on la taille en pointe avec des ciseaux. La galène naturelle est en général peu sensible. Il faut utiliser de la galène synthétique dont la sensibilité est égale voire supérieure à celle d'une diode au germanium. Les écouteurs doivent être d'au moins 500 ohms, mais l'idéal c'est 2000 ohms. Il faut évidemment que leurs bobines, constituées de fil plus fin qu'un cheveu, ne soient pas coupées et que les aimants ne soient pas désaimantés.
Il est impératif d'utiliser une antenne extérieure bien dégagée d'environ 30 m dont les extrémités sont isolées, ainsi qu'une prise de terre (tuyau d'eau ou de chauffage central, mais jamais la "terre" des prises de courant !) La réception varie selon votre position géographique, mais en général, vous n'aurez que la station la plus proche et la plus puissante. Un poste à galène n'est ni sensible ni sélectif, par contre l'audition est très pure.

Comment nettoyer les carrosseries en Bakélite et en plastique ?
La Bakélite est en fait l'ancêtre des matières plastiques. Contrairement au plastique, la Bakélite ne fond pas, mais se carbonise à la chaleur. Si vous avez des doutes, essayez (avec grande prudence) sur un endroit invisible de la carrosserie avec la pointe d'un fer à souder. Si le poste est très sale, un décrassage préalable à l'eau tiède savonneuse est nécessaire. Les deux matériaux se nettoient de la même façon avec un produit genre Miror et du coton hydrophile. On parvient ainsi à redonner un brillant qui était celui d'origine. Il est important d'éliminer avec un chiffon doux et sec toutes les traces blanchâtres que laisse le produit dans les rainures de la carrosserie souvent très découpée. Les boutons rainurés, souvent très sales se nettoient avec une brosse à ongles (c'est le plus pratique) et de la lessive.

Comment savoir si une lampe est bonne ?
Le fait qu'une lampe soit noirâtre ne signifie pas forcément qu'elle soit grillée. Beaucoup de lampes anciennes avaient cette couleur à la sortie de l'usine. De même une lampe qui ne chauffe pas n'est pas forcément morte : toutes les triodes du genre A 409, A410 etc. n'émettent aucune lueur ni aucune chaleur, de même que les lampes miniatures utilisées dans les portables des années 50.
Un contrôleur universel permettra seulement de savoir si le filament n'est pas coupé. C'est mieux que rien....mais pour savoir si la lampe débite, il faut utiliser un lampemètre. Inutile de préciser qu'on ne trouve plus ces appareils dans le commerce, mais en fouinant sur les brocantes vous finirez bien par trouver le lampemètre de vos rêves.
Le poste marche, mais il ronfle très fort. Que faire ?
Si votre poste fait entendre un ronflement à la fréquence de 100 Hertz, c'est que les condensateurs de filtrage sont secs. C'est le cas le plus fréquent quand on branche un poste qui n'a pas fonctionné depuis des dizaines d'années. Ces condensateurs se présentent généralement sous la forme de tubes en aluminium vissés sur le châssis. Il faut tout d'abord les déconnecter et les remplacer par des condensateurs neufs de même valeur qu'on soude sous le châssis. On laisse les vieux en décoration et les neufs, de petite taille ne se verront pas. Tout ronflement devrait alors avoir disparu.

Le poste marche, mais le son est faible et nasillard. Que faire, docteur ?
Le symptôme est lui aussi très courant. Il indique que le condensateur de liaison vers la lampe finale est " en fuite", c'est à dire qu'il laisse passer du courant continu. Il s'agit en principe d'un petit condensateur papier cylindrique de 0,1 MF. Il faut le remplacer par un équivalent en mylar isolé à 400 Volts qui durera éternellement ou peut être plus !
Pour bien faire, il faudrait aussi changer tous les autres condensateurs au papier qui fuient plus ou moins, pour avoir un fonctionnement parfait. Dans la pratique, il faut réserver cette mesure extrême à des postes qui en méritent vraiment la peine.

Postes "tous courants" Attention danger !
Paradoxalement, les postes "tous courants" ne fonctionnent généralement que sur 110 volts. En fait, ils furent nommés ainsi parce qu'ils fonctionnaient aussi bien sur secteurs continus ou alternatifs. Le constructeur faisait l'économie du transfo d'alimentation et c'était une grosse résistance bobinée (et chauffante !) qui ramenait la tension à une valeur adéquate. Cela permettait des montages plus compacts et économiques, qui s'intégraient bien dans les carrosseries miniatures (postes de chevet) Mais le gros inconvénient, c'est que le châssis métallique est relié directement au secteur, d'où un danger certain d'électrocution si on touche une partie métallique d'un tel appareil dans un environnement humide. Les plus exécrables de ces "tous courants" sont les modèles à cordon chauffant dont le câble d'alimentation comporte un troisième fil résistant et entouré d'amiante pour réduire la tension ! Selon la chronique de l'époque, de nombreux incendies furent causés par ces engins diaboliques.
Moralité: Gardez ces postes pour leur esthétique, parfois très remarquable, mais soyez extrêmement prudents si vous tenez à les faire fonctionner. Utilisez un transformateur d'isolement si vous en trouvez un. De toute façon, ces petits postes ont une sonorité de casserole !

Existe-t-il un ouvrage actuel traitant du dépannage des postes à lampes ?
En dehors des quelques pannes simples que nous avons évoquées, le dépannage est un Art véritable qu'on apprend en dépannant et en lisant quelques livres. Les livres d'époque se trouvent difficilement, mais heureusement il est paru récemment un excellent petit ouvrage d'André Cayrol intitulé : "La restauration des récepteurs à lampes". Ce livre a le mérite d'être clair et abordable même par les débutants. C'est un ouvrage indispensable à l'amateur de vieilles radios. Vous pouvez le commander en ligne chez l'éditeur Dunod : www.dunod.com
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