Phonographe :
Trucs, astuces et tuyaux divers


Disques à aiguille/ disques à saphir : comment les reconnaître ?
Voilà certainement la question qui revient le plus souvent chez les néophytes. L'existence de ces deux types de disques incompatibles entre eux peut être déroutante pour le débutant qui s'étonnera de n'entendre que du bruit de fond bien que son phono soit en parfait état de fonctionnement. C'est ce qui arrive si on essaie d'écouter un disque à aiguille sur un phono à saphir, et réciproquement ! Les phonographes à pavillon de type Pathéphone ne lisent que les disques à saphir. Les Gramophones (marque déposée) à pavillon ne lisent que les disques à aiguille. Quant aux phonos valises, il ne lisent que les disques à aiguille, à quelques exceptions près. Il existe aussi quelques phonos munis d'une tête pivotante compatible saphir/aiguille mais c'est assez inhabituel. Les disques postérieurs à 1925 (enregistrement électrique) sont quasiment tous des 78 tours à aiguille.
C'est pour les disques très anciens (enregistrement acoustique) que la question se pose, vu qu'on trouve en France une quantité à peu près égale des deux types. Les premiers disques Pathé ne comportant pas d'étiquette centrale en papier (mais des inscriptions gravées en creux) et protégés par des pochettes marron de papier épais sont tous à saphir. Ils tournent à des vitesses variables (90 à 120 tours) et commencent toujours par le centre, ce qui ne pose d'ailleurs aucun problème puisque le sens de rotation reste celui des aiguilles d'une montre. Les disques Pathé de 2 ème génération se reconnaissent à leur étiquette centrale en papier ainsi qu'à leur pochette bleue. Ils sont également tous à saphir, mais ils tournent à 80 tours et commencent par l'extérieur.
Les premiers disques de la marque Gramophone (marque déposée) sont par contre toujours des disques à aiguille. On les reconnaît facilement à leur étiquette représentant un ange graveur, puis ensuite le célèbre chien Nipper.
Voilà pour simplifier, car il existe de très nombreuses marques de disques à saphir et aiguille que seul le spécialiste reconnaît immédiatement. Mais en cas de doute, il suffit d'observer le sillon du disque (avec éventuellement une loupe) pour voir s'il est gravé verticalement (sillon droit avec trous et bosses comme des montagnes russes) ou latéralement (sillon de profondeur constante mais avec des virages sinueux). Moralité :


Gravure verticale = saphir
Gravure latérale = aiguille.
Finalement, vous voyez bien que c'est très simple !

Le pavillon de mon phono est rouillé : Que faire ?
Tout dépend du degré d'oxydation.
Si la rouille n'est présente que sur une petite partie de la surface et que l'aspect général de la peinture d'origine est assez bon, il faut à tout prix conserver le pavillon tel quel. Quelques taches de rouille donnent du caractère et sont un gage d'authenticité ! Ne pas chercher à faire de retouches sur les parties rouillées, car le remède serait pire que le mal ! Nettoyez préalablement ce qui peut être nettoyé avec un produit non agressif du genre Pliz. Mais jamais de solvants qui risqueraient d'attaquer la peinture ! Pour éviter que la rouille ne poursuive son attaque, on passe ensuite de la cire liquide au pinceau doux (cire à parquets non teintante !). On laisse sécher quelques heures et on fait briller avec un tissu non pelucheux. Ne frottez pas trop fort si la peinture présente des risques de s'écailler. Ce traitement à la cire redonnera en outre de l'éclat aux vieilles peintures, sans toutefois leur donner un aspect trop clinquant.
Si par contre, la rouille est présente à 90 % , il faudra se résoudre à décaper, dérouiller et repeindre entièrement. Cela donnera beaucoup de travail et le résultat sera rarement parfait. Sachez également qu'un pavillon repeint, même correctement, aura beaucoup moins de valeur qu'un pavillon possédant sa peinture d'origine même si elle n'est pas parfaitement conservée.
La peinture au pinceau est à proscrire absolument. On obtiendra de meilleurs résultats à la bombe ou au pistolet. Si vous êtes habile, vous pourrez faire un dégradé en ton sur ton. D'abord le fond clair sur toute la surface, puis après séchage complet, la teinte foncée sur les bords (avec doigté car l'erreur est irréversible !) . Quant aux filets dorés, jadis faits au pinceau par des mains expertes, le seul moyen facile de les faire réguliers, c'est avec un stylo feutre doré indélébile de grosseur moyenne

Le métal de la tête de lecture est déformé, fissuré et cassant : Que faire ?
Réponse : RIEN ! Il s'agit de zamac (ou cochonium !), un alliage à bas point de fusion (et à bas prix !) qui se dégrade irrémédiablement en quelques dizaines d'années. Il gonfle, se déforme, se fissure et finit par se briser en mille morceaux. Mais dites vous bien que les pièces en zamac faites en 1920 avaient une espérance de vie suffisante et n'étaient pas censées survivre jusqu'au XXIème siècle ! Procurez-vous donc une tête de lecture neuve ou bien une ancienne, à condition qu'elle ne soit pas aussi en zamac...

Mon phono marche trop fort et les voisins se plaignent ! : Y a-t-il moyen de réduire le volume ?
Oui, utilisez des aiguilles douces (plus fines et plus longues). Avec un phono pour disques à saphir, vous pouvez ressortir un peu plus la tige du saphir. Dans les deux cas, on peut aussi utiliser un atténuateur acoustique spécial - 20 dB. Cet accessoire de haute technologie se réalise en introduisant une vieille chaussette dans le pavillon du phonographe !

Le phono fonctionne, mais le son est nasillard :
Il s'agit presque à coup sûr des joints de la membrane (aluminium ou mica) qui sont défectueux. Comme ils sont en caoutchouc naturel, ils ont durci au cours des années et la membrane n'est plus retenue par les bords, ce qui entraîne des vibrations parasites. Il faut enlever le caoutchouc durci (avec un petit tournevis) et le remplacer par un joint en caoutchouc silicone inaltérable (disponible à la boutique 6 € le mètre !). La gaine plastique de fil électrique ne convient pas pour cet usage, car elle n'a aucune souplesse...
Une autre cause fréquente de bruits parasites : les petites vis de réglage du porte aiguille (ou saphir) ont du jeu. Il faut s'assurer que le porte-aiguille pivote librement sur cet axe sans serrage excessif mais aussi sans aucun jeu.

Les vieux phonos abîment-ils les disques ?
Oui, absolument ! Le poids des reproducteurs acoustiques est d'environ 150 grammes, ce qui est énorme. Ajoutez à celà le poids du bras qui n'est pas négligeable sur certains modèles. Une aiguille usagée présente une arrête tranchante qui agit comme un burin et endommage le disque d'une manière irréversible Les disques qui ont été écoutés jadis dans ces conditions sont généralement très mal en point, mais les auditeurs de l'époque n'avaient pas le choix. Donc attention : ne confiez pas n'importe que disque à votre phono. Le patrimoine sonore doit être à tout prix préservé. Certains enregistrements ont une valeur bien supérieure à votre phonographe ! Par conséquent, écoutez les disques ayant une valeur historique ou artistique seulement sur une platine moderne munie d'une tête légère (à la rigueur sur un vieux Teppaz) . Pour votre vieux phono, utilisez seulement des disques sans valeur, ceux qui se vendent au kilo !
Comment distinguer un disque de valeur d'un disque sans valeur ? Vaste question....Seules la culture, l'expérience, et les erreurs commises, permettent de faire la part des choses. Dans le doute, demandez à un connaisseur.
Comment nettoyer les disques 78 tours ?
Jamais d'alcool ni autre solvant ! L'alcool dissoudrait la gomme laque dont les 78 tours sont en partie constitués ! Un chiffon légèrement humide suffit en général. Si les disques sont très sales, on peut les nettoyer à l'eau tiède additionnée de liquide à vaisselle. Pour les disques usés, tellement rugueux qu'ils freinent le moteur du phono au point de l'arrêter, vaporisez légèrement du Pliz (publicité gratuite) à leur surface et essuyez aussitôt avec un chiffon doux. Ils tourneront maintenant sans problème. Ceci est à réserver à l'écoute sur phono ancien. Jamais de Pliz pour lecture électrique sur équipement moderne ! Le diamant très fin serait rapidement encrassé !

Comment nettoyer les cylindres en cire ?
Manière de manipuler les cylindresLes cylindres de cire ont presque un siècle et ils n'avaient pas été prévus pour survivre aussi longtemps. La quantité de cylindres audibles est infime. Si les cylindres sont parsemés de taches blanches, voire entièrement blancs, cas le plus fréquent, ils sont rongés en profondeur par une moisissure. Il n'y a donc strictement rien à y faire. S'il n'y a qu'une légère pellicule blanche, éliminez la si possible avec un chiffon doux et sec. Jamais de liquide sur les cylindres! Si vous avez la chance d'avoir des cylindres noirs (ou bruns) lisses et brillants, gardez les précieusement à l'abri des chocs, de l'humidité et des écarts de température. Ne touchez jamais la surface . Prenez les par l'intérieur comme le montre le dessin.

Peut-on enregistrer sur des cylindres en cire ?
Les phonographes à cylindres permettent d'enregistrer à condition qu'ils possèdent une vis sans fin permettant de graver un sillon en spirale. Ceci exclut les phonos lyre et les Pathé 0. Le moteur doit être puissant et la courroie ne doit pas patiner. L'idéal est un bon vieux phono Edison standard dont le mécanisme répond aux exigences de l'enregistrement personnel. Il faut aussi une tête enregistreuse sans aucun jeu latéral condition sine qua non. On trouve parfois des têtes enregistreuses mais généralement le burin graveur s'est perdu. On peut s'en procurer un chez Expert Stylus Company ou essayer d'en fabriquer un avec une tige de verre très fine qu'on casse net de façon à obtenir une arête tranchante.
Les seuls cylindres utilisable sont ceux en cire brune (les noirs sont d'une matière trop dure pour être réinscriptibles) Prenez donc un cylindre en cire brune en vous assurant qu'il soit inaudible et sans aucune valeur, ce qui est hélas le cas général et rabotez le si vous avez la chance de posséder une raboteuse à cylindres. Sinon, vous pouvez effacer les sillons en frottant avec un linge imbibé d'essence de térébenthine (opérez à l'extérieur et avec des gants !). La matière de ces cylindres a durci et est devenue très fragile en vieillissant : ne vous attendez donc pas à faire des enregistrements aussi bons que jadis. Néanmoins, plus la température sera élevée et meilleur sera l'enregistrement. Vous pouvez poser sans crainte le phono sur un radiateur de chauffage central... mais pas dans le four de la cuisinière !
Remplacez le pavillon métallique par un cornet en carton de votre fabrication et parlez très fort et très près . L'enregistrement produit des copeaux qui risquent de s'accumuler dans le mécanisme. Prévoyez donc une feuille de papier pour les recueillir. Avec un peu de chance vous réussirez ainsi à graver quelques cylindres et à étonner vos amis ...!

Comment jouer les disques et cylindres à la bonne vitesse ?
Tous les vieux disques ne sont pas des 78 tours. Il y a aussi des 80 tours, des 90 tours et même des 120 tours. Les cylindres tournent généralement à 160 tours/minute. Je vous propose de télécharger un tout petit programme sympathique réalisé par Jean Vernet de Suisse (23 KO seulement) qui vous permettra de créer et d'imprimer des stroboscopes pour n'importe quelle vitesse de rotation. Pour les cylindres, il vous faudra créer un stroboscope 160 tours. Transférez le par copie d'écran dans votre logiciel de retouche préféré et réduisez sa taille à 4 cm de diamètre. Imprimez-le sur un papier adhésif que vous collerez à l'extrémité du mandrin porte-cylindre. Les lignes noires du stroboscope doivent sembler immobiles quand sa vitesse nominale est atteinte, à condition qu'il soit éclairé par une lampe branchée sur le secteur (Attention! fréquence 50 Hz en Europe, 60 Hz en Amérique du Nord !)

J'ai un vieux phono dans mon grenier. Pouvez-vous me dire ce que ça vaut ?
Il faudrait pour celà que je le visse !

J'ai des vieux disques 78 tours dans mon grenier. Combien puis-je en tirer ?
Certainement pas grand chose...



Dernière mise à jour
Copyright Jean-Luc Fradet 1997 - 2009